vendredi 5 avril 2013
Heun-heun va à l'hôpital
Ce matin, on m'a réveillé très tôt. Moi, surnommé depuis peu Heun-Heun, doudou attitré de Léo, je devais l'accompagner à la clinique. Oui c'est aujourd'hui le grand jour : il se fait opérer des végétations.
Son papa est donc venu nous sortir du lit à 7h. Et pour une fois, j'avais droit moi aussi de sortir du lit ! Oui j'étais autorisé à l'accompagner à la clinique pour cette grande épreuve... Lui, il ne voulait plus y aller. Il disait à son papa "non, je veux pas aller à la clinique, j'ai plus envie!".
Comme lui, c'était la première que j'allais rentrer au bloc... alors j'ai observé attentivement chaque étape de cette longue journée.
On est partis tous les deux tel quel en voiture, encore en pyjama, et je me suis blotti tout contre lui, ne sachant pas trop ce qui m'attendait...
Il était encore tout endormi, ne parlait (très rare), et nous nous sommes réveillés tout doucement, en se faisant encore quelques câlins...
Nous sommes arrivés sur place vers 7h30.
Après un court passage en salle d'attente, on nous a fait entrer dans l'espace "ambulatoire", pour les opérations à la journée. On nous a présenté notre "box" n°19, un petit espace considéré comme une chambre, avec un lit, une table de chevet, une chaise, et une table d'appoint... tout cela fermé par un rideau pour un peu plus d’intimité...
Une infirmière est venue nous installer, et faire la paperasse. Elle a donné à Léo une blouse, qu'il devait enfiler. Son papa l'a donc déshabillé entièrement, et lui a mis cette blouse, décorée de petits poissons...
Comme il n'était pas le plus jeune, il devait passer après le petit garçon d'à côté. Alors nous devions patienter un petit moment, et pour cela, son Papa lui a lu quelques livres, que sa maman avait pensé à emporter...
Une fois tous les livres lus (4) ce fut enfin son tour de rentrer au bloc. Il était à jeun bien sûr. On l'a installé dans un petit lit roulant à barreaux, allongé, et j'ai eu le droit d'y monter avec lui ! C'est le monsieur qui l'emmenait qui a même conseillé à mes parents de m'autoriser à rester avec lui. Il était très content et rassuré... Il m'a serré très fort contre lui, avec un petit air inquiet, mais sans pleurer, et on s'est tous deux éloignés doucement de ses parents...
Il était un peu plus de 8h30 quand on est partis. A partir de là, les minutes passèrent très lentement pour ses parents. Sa maman regardait sans arrêt sa montre, et ça n'en finissait pas. Le docteur ORL lui avait expliqué que l'opération était très brève (même pas 5 minutes) et donc l'anesthésie tout aussi rapide. Mais il fallait compter le temps avant qu'il ne s'endorme, la durée de l'opération, et le temps de réveil, car il ne rejoignait ses parents qu'une fois réveillé...
Ce n'était qu'une grosse demi-heure plus tard, que le petit Léo réapparut, au bout du couloir, assis dans son lit à barreaux :
Et là, à peine arrivé à hauteur de ses parents, tout se transforma en cauchemar !! Je n'étais plus à ses côtés !! Mais où était passé Heun-Heun ? se demandait tout le monde...
Le petit Léo, déjà un peu miné par son opération, fut totalement désemparé quand il fallu se rendre à l'évidence : j'avais disparu ! Non je n'étais pas caché dans un pli des draps. Je n'étais pas avec lui dans le lit. Il dût tout de même descendre du lit, et rejoindre ses parents. Et il se mit à pleurer (ce qu'il avait déjà fait avant de découvrir que je n'étais plus là, mais ça n'arrangeait pas les choses...).
L'infirmier promit de retourner me chercher, après avoir pris quelques renseignements et obtenu une description précise me concernant.
Mais l'attente fût longue. Et il ne revenait pas. Et je ne revenais pas. Et Léo pleurait. Et sa maman se disait que si j'étais perdu à jamais, pour sûr, cette opération le marquerait à vie ! Déjà pas facile de vivre ça si jeune, mais en plus y laisser son plus cher compagnon de voyage... Impensable !
Moi, je m'étais fait tout petit au bloc. J'avais un peu les chocottes ! C'était la première fois, et j'avais peur d'y passer aussi. Je ne voulais pas qu'on m'endorme. Ni qu'on me trifouille le nez ou la gorge... Alors je me suis planqué. J'avais trop peur qu'on me grattouille les végétations à moi aussi... Je me suis fait tellement discret, j'étais tellement bien caché, que personne ne m'a vu. Et mon copain Léo, lui, était endormi, alors il ne pouvait pas veiller sur moi bien sûr. Et quand ils l'ont ramené, ils m'ont laissé là, dans les vestiges du champ opératoire... j'ai bien failli passer à la poubelle !! Je l'ai vraiment échappé belle...
Ce n'est qu'une bonne demi-heure plus tard que l'anesthésiste en personne réapparut... et surprise ! J'étais dans ses mains... Tout le monde fut rassurer... mais l'anesthésiste lui, était un peu en pétard ! Il expliquait qu'ils ne peuvent pas gérer le patient et le doudou, et que celui qui importe, c'est le patient bien sûr ! Alors il ne faut pas venir avec son doudou... Ben oui, mais bon, faut peut-être faire passer le message aux autres alors... parce que c'est l'autre gars qui m'avait conseillé de l'accompagner mon petit Léo !
Bref, tout est bien qui finit bien, j'étais sain et sauf, et mon Léo rassuré :
Bon, certes, il n'allait pas mieux pour autant niveau moral. Il continuait à pleurer, sans prévenir, sans raison... sûrement les effets secondaires de l'anesthésie, le stress emmagasiné avant qui s'extériorisait... Parce qu'il n'a pas l'air comme ça mon petit Léo, mais il est anxieux, stressé, et ne le montre, garde tout pour lui, cogite... Il n'avait pas laissé paraitre que tout ça l'angoissait, mais c'était sûrement le cas...
Le docteur fit un bref passage pour expliquer ce qu'il avait fait pendant l'opération : sauf qu'il confondait un peu les patients... et qu'il pensait lui avoir posé des drains dans les oreilles... ce qui n'était pas du tout prévu ! Mais quand il aperçut la tête de sa maman, il comprit qu'il ménageait les dossiers : c'était les végétations. Elles étaient bien grosses, c'était nécessaire. Il avait aussi aperçu une otite séreuse, qui devait sûrement atténuer son audition... donc il avait fait aussi une parasynthèse, en perçant le tympan pour faire écouler le pue. Il avait observé les amygdales, qui à son avis, étaient volumineuses, mais pas trop. En bref, tout s'était bien passé.
Il y avait des hauts et des bas, mais les bas s'espaçaient de plus en plus...
Puis vint l'heure de la collation :
On le redressa, lui installa la petite table devant lui (on me voit pas, je suis caché sous la table, mais toujours dans sa main!), et lui proposa diverses petites choses dans une box (genre happy meal), que l'ont peur déplier pour colorier, avec un petit paquet de crayolas dedans ! Il y avait aussi un jus d'orange, un yaourt nature avec du sucre, une compote de pommes... et une glace chocolat/vanille !! au petit dej!! Il a halluciné (mais bon, il le montrait pas trop toujours...). Pourtant à jeun, il n'avait pas l'air affamé. C'est sa maman qui le poussa à manger un peu. Il avait juste envie du yaourt avec le sucre, et il en mangea les 3/4. Quand il n'en voulu plus, elle lui proposa la glace. Il ne sauta pas de joie (moi oui!). Mais finalement, elle lui donna de petites cuillères qu'il dégusta les unes après les autres sans problème, jusqu'à la dernière !
Mais il ne voulu pas toucher au reste... C'est son papa qui s'en chargea !
La petite collation lui avait cependant remonté le moral : il avait retrouvé le sourire, s'était remis à parler, et ne voulait plus s'arrêter de lire les livres qu'on avait emmener... Se souvenait-il que son papa et sa maman les lui avaient déjà lu 3 fois chacun ??
Après ça, l'attente fut encore longue. Il fallu attendre que le docteur passe, et avant, il fit quelques pas, pour voir si tout allait bien. C'est après ça que l'infirmière repassa pour lui ôter le cathéter qu'il avait sur la main, et qui lui posait bien des problèmes ! Sauf que, bon, il n'était pas trop d'accord... pourtant elle était gentille la dame... elle lui demandait si il connaissait des chansons, si savait compter, comme s'appelait sa maîtresse.... mais non, il ne voulait pas coopérer ! Elle finit tout de même par réussir à lui enlever ce drôle de truc qui lui rentrait dans la main (moi je m'étais encore planqué!), et il reçu le diplôme du courage!
Elle lui mit un gros pansement sur la main, et petit à petit, il retrouva la pêche. Il avait même envie d'une autre glace, puisque le docteur ne revenait pas... Sa maman lui suggéra d'aller demander à la gentille infirmière, qu'il aurait peut-être droit à une deuxième glace... mais il n'osait pas trop. Il s'approchait d'elle, puis repartait. Il tenta 2 fois, et à la troisième, le docteur arriva enfin...
Il arriva, juste avant midi. Il donna quelques consignes pour le retour à la maison, et la surveillance les jours suivants. Il fallait qu'il ne mange pas trop chaud le premier repas, puis rien de particulier pour la suite de l'alimentation. Il ne fallait prendre d'aspirine, surveiller les écoulement éventuels de sang par le nez ou la bouche, et dans ce cas, retourner à la clinique. Il en fallait pas mouiller ses oreilles pendant 2 ou 3 jours, le temps que le tympan se referme. Il ne devait pas se moucher trop fort au début. Et il pouvait prendre du doliprane en cas de douleurs (probablement à la gorge).
Voilà, rien de compliquer en somme. Je suis resté à ses côtés jusque sur le chemin de la voiture, et jusque chez Nonna et Babou. J'ai dû patienter un peu sur un coin du salon, le temps qu'il prenne son repas, et nous étions contents de nous retrouver pour faire une bonne sieste, qui n'était pas du luxe, tellement nous étions fatigués. Cette matinée nous avait éreintés !
Après la sieste, j'ai été autorisé à rester encore un peu dans ses bras, pour écouter l'histoire lue par Nonna, qui leur avait acheté deux nouveaux livres :
Quelle aventure !!
La prochaine fois, croyez-moi, je prendrai pas de tels risques... je l'attendrai sagement à la maison, pour être sûr qu'il me retrouve !
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2 commentaires:
Il n'y a plus qu'à souhaiter que tu récupères au plus vite Léo.
Bravo à Léo qui a été bien courageux! PAs cool parf contre l'anesthésiste d'avoir été en pétard! C'est important pour les enfants de cet âge un doudou, il ne le sait pas encore? Pffff, ça m'énerve car souvent les bons médecins n'arrivent pas à être de bons pédagogues! Mais bon, on ne peut pas tout avoir sans doute...
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