mercredi 9 janvier 2013

Le "terrible three"


"Une maison a beau être hermétique et solidement construite, un ouragan peut tout de même la frapper de l’intérieur. En fait, ça se produit dans toutes les maisons où vit un enfant de deux ans." 

En fait, chez nous, ça marche avec un enfant de 3 ans.
J'étais encore un merveilleux petit garçon aux yeux de mes parents lorsque j'avais 2 ans. J'obéissais, j'écoutais, je comprenais, et ils avaient confiance en moi.

On aurait pu vous en parler depuis un moment déjà, car la phénomène a commencé il y a bien quelques mois... et ne fait qu'empirer de jour en jour...

La crise du Non

Il s’agit du niveau de départ de cette belle aventure. On commence par dire non, puis on ajoute les variantes. Non au bain, non au souper, non au lavage des mains, non au dodo (ça, j'ai jamais trop fait!)… Cette crise permet aussi de faire perdre un temps précieux aux parents pressés et de transformer une corvée de 30 secondes en épopée d’une demi-heure (par exemple pour s'habiller le matin).

Le "non" a commencé tôt bien sûr, bien avant mes 3 ans, voire avant mes 2 ans (à partir du moment où j'ai su dire "non" en fait !). Mais rien ne prenait de trop graves conséquences...

La crise de l’idée fixe

L’idée fixe en question peut-être une activité, une phrase ou une question anodine dont on ne peut se départir. À la base, l’idée n’a rien de bien méchant, mais répétée 412 fois en quelques minutes, elle produit son effet sur un parent exaspéré. Celui-ci use parfois de subterfuges afin de nous changer les idées, mais c’est peine perdue. Se termine habituellement par une autre crise, pigée au hasard. 

La crise du Moi-Maintenant

En tant que membres du « Terrible Two » ("terrible three" en ce qui me concerne), nous sommes en droit d’exiger que TOUT nous soit dû, au moment où on le souhaite. Il est inutile de partager quoi que ce soit. Il n’est pas question non plus de nous faire patienter pour aucune raison lorsque l’on souhaite quelque chose. Toute infraction à cette règle nous permettra de hurler haut et fort notre indignation (ou de répéter en continue ce que je souhaite avoir tout de suite maintenant!).

La petite révolte

Une méthode éprouvée qui consiste à faire volontairement tout ce qui n’est pas permis, juste pour voir la réaction des parents. Les règles « on ne tape pas, on ne mord pas, on ne dessine pas sur les murs, on ne vide pas la baignoire sur le plancher de la salle de bain, etc» sont vraiment agréables à outrepasser. Le mieux est encore de transgresser les consignes en regardant les parents droit dans les yeux, tout en arborant un magnifique sourire. Effet garanti.

La statue hurlante

Une crise simple et efficace. Consiste à rester immobile, les mains contre le corps, les yeux fermés, et à pleurer en hurlant le plus fort possible jusqu'à ce que quelque chose arrive. La concentration est essentielle : on doit donner l’impression aux parents que notre vie est en jeu. (Rarement utilisée, mais j'ai quand même testé).

La grève de la faim

À l’heure des repas, les moyens de pression sont simples et directs. Refuser de manger et/ou exiger autre chose (préférablement sucré ou introuvable). 
Variante divertissante : Il est particulièrement drôle de voir le visage des parents lorsqu’on refuse de manger ce qu’ils considèrent être notre mets préféré. 
J'ai aussi souvent testé de changer d'avis une fois le plat (au choix) apporté...

Tiré de Louis-Simon Ferland Blogueur,
"Réussir son Terrible Two - Guide à l’usage des enfants de deux ans".


Maintenant, voilà ce que l'on peut trouver pour aider nos parents à surmonter ce terrible two three...

Quelques conseils pour nos parents :
  • Si vous sentez que vos émotions sont négatives et inadéquates, éloignez-vous (à moins que votre recul n'entraîne un risque pour la sécurité de l'enfant) ou attendez que votre colère tombe ou diminue avant d'intervenir. S'il le faut, appelez quelqu'un (ligne d'écoute pour parents, une voisine, une amie…) pour exprimer votre trop-plein d'émotions! Vous éviterez ainsi de dire ou faire des choses que vous pourriez regretter par la suite. 
  • Dans votre verbalisation ne qualifiez pas l'enfant, mais son comportement. Par exemple, s'il lance une petite auto en métal, ne dites pas "Tu es méchant!", mais "C'est dangereux de lancer des objets". De même, on ne dira pas "Tu es insupportable!" mais "Ta conduite [la nommer] est inacceptable". Bien différencier l'enfant (que l'on aime toujours) et son comportement (que l'on n'aime pas parfois) afin de préserver son estime de soi.
 (Joe-Ann Benoit, conférencière, auteure, psychothérapeute).

Vous avez bien compris, le "terrible two", c'est la crise des 2 ans, comparable à une crise d'adolescence en terme de difficultés à être surmonter par les enfants, comme par les parents ! Sauf que chez moi, cette crise des 2 ans, a plutôt commencé vers 3 ans... d'où le terme de "terrible three" !

On dirait bien que tout a commencé et est lié à la présence de ma petite sœur dans "mon monde", c'est-à-dire lorsqu'elle est arrivée en âge de pouvoir s'introduire réellement dans ma vie. La jalousie a probablement été le point de démarrage de toute cette crise, mais maintenant, même pas question de jalousie pour faire des crises ou des bêtises, me faire remarquer, contrarier mes parents... Non. J'use de tout ça avec plaisir et à outrance, à la déception de mes parents...

Ces derniers temps, je cumule les grosses bêtises, celles tant redoutées par mes parents, lorsque je mets en danger ma petite sœur par exemple ! L'autre jour par exemple, alors qu'on jouait dehors sur le parking de notre lotissement (fermé), j'ai ouvert le portillon permettant d'aller sur la route, pour laisser ma sœur sortir avec sa poussette... bien sûr, elle a vite profité de l'occasion pour partir, et Maman a dû faire un sacré sprint pour arriver à temps, avant qu'elle n'atteigne la route à proprement parler...
Pas plus tard que ce matin, alors que Maman était sous la douche, j'ai bien montré l'exemple à ma sœur, et Maman nous a retrouvé debout sur le canapé du bureau (alors que nous étions censés jouer sur le tapis), Noémie ne se tenant même pas et étant tout au bord! Maman a imaginé le pire, et s'est une fois de plus rendue compte, qu'elle ne pouvait absolument plus me faire confiance... Elle qui pouvait tant me laisser jouer seul sans aucune crainte il y a quelques temps.
Côté jalousie, je ne supporte pas que ma sœur joue. Au départ, je ne supportais pas qu'elle prenne MES jouets, mais depuis Noël, elle en a plein de nouveaux rien qu'à elle, et je ne supporte pas non plus de la voir jouer. Je veux toujours ce qu'elle a dans les mains, même si j'étais très intéressé par l'activité que j'étais en train de faire... Tout ce qu'elle a, je le veux, je suis sans cesse en train de surveiller ce qu'elle fait, ce qu'elle touche, ce qu'elle cherche... C'est plus fort que moi!

Mais ce qui exaspère le plus mes parents en ce moment, c'est ma capacité à rire quand on me gronde et à désobéir malgré plusieurs mises en garde. Ils n'en peuvent plus. Ils ont vraiment hâte que ça se termine.

Quelques bonnes lectures trouvées sur le net, pour ceux qui veulent en savoir plus :
Ce billet a été écrit suite au comportement intolérable que j'ai eu ce matin en accompagnant Maman chez le docteur (oui encore, son otite ne passe pas)... je lui ai fait honte, et elle se demande encore comment j'ai pu lui faire ça.

1 commentaire:

Marie-Jeanne a dit…

Très très piquant...bon courage les parents.